Rencontre avec Dmitry – 3

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Outside the Alpha Hotel / à l’extérieur de l’hôtel Alpha

Mercredi 3 janvier, le démarrage est plutôt lent. Il faut nous remettre de la veille… Nous avions prévu d’aller à l’ancienne école de Dmitry et de retourner aux endroits où l’oncle Yakov avait pris les photos. Mais quand Dmitry et Maria viennent nous chercher à l’hôtel, il est déjà presque 17h et il fait nuit. Marion et Tristan viennent de partir. Leur avion pour la France décolle ce soir. Dans la voiture, Dmitry nous a préparé une playliste “juste pour nous” : la chanson de la série Hélène et les garçons qui, apparemment, eu beaucoup de succès dans les années 90 en Russie, puis des chansons du groupe Leningrad, son groupe russe préféré. Il est content que nous ne puissions pas comprendre les paroles : eles sont truffées de gros mots et surtout, Françoise Hardy et son tube, Comment te dire adieu. Entendre cette chanson si familière dans un contexte si inattendu me donne la sensation d’être plus proche de Dmitry et de Maria.

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La cour de l’école est ouverte. Dmitry passe en revue les vieilles photos noir et blanc que je lui ai données. Son visage trahit des émotions mitigées . Il a des bons et des mauvais souvenirs. Derrière le bâtiment principal, il nous montre une fenêtre. “Quand on voulait sêcher un cours, on sautait par la fenêtre, après il suffisait de donner un peu d’argent à l’agent de sécurité à l’entrée et il nous laissait sortir”, raconte Dmitry en rigolant. Il nous emmène ensuite vers son ancien appartement.

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Nous longeons l’endroit où était garée la voiture d’oncle Yakov, devant laquelle sa grand-mère posait. En bas de son ancien immeuble, Dmitry essaye le code qu’il a toujours en tête, en vain : il est certainement obsolète depuis longtemps. Il nous montre la fenêtre d’une pièce éclairée : “C’était ma chambre”.

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Il reparle de son passé de mauvais garçon et raconte qu’un jour, après avoir brisé des fenêtres avec des caillous avec sa bande de copains, l’un d’entre eux fut capturé par la police. “On était tous planqués dans une cage d’escalier, on voyait tout de la fenêtre et on était super embêtés pour lui. Mais une fois notre copain rentré dans la voiture de police, il s’est échappé par l’autre portière et les flics ne l’ont jamais rattrapé. On a tellement rigolé !”

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Pauline and Nick / Pauline et Nick

Dmitry n’a visiblement pas envie de traîner dans ce quartier de Golyanovo “dont la population est aujourd’hui en majorité originaire du Kazakhstan et a beaucoup changé…” Et puis, nous avons rendez-vous avec Lidia, la grand mère de Dmitry, et son oncle Yakov. Je vais enfin rencontrer le photographe sans lequel je ne serais jamais arrivée là : emportée par le tube de François Hardy, à filmer les alignements de barres d’immeubles d’un quartier à l’autre de Moscou.

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Quand Lidia et Yakov arrivent chez Dmitry, j’ai les larmes aux yeux. Lidia ressemble étonnamment à ma grand-mère paternelle, Colette. Pauline ressent la même chose. Nous sommes émues d’autant plus qu’elle est très chaleureuse, qu’elle trouve l’histoire des photos fabuleuses, que ses copines de l’ancien service d’information soviétique pour lequel elle travaillait sont dingues de cette histoire. Elle me remercie encore et encore…

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Nous passons à table. Les photos noir et blanc passent des mains de Lindia à celles de Yakov. Les commentaires fusent. Dmitry et Maria traduisent ce qu’ils peuvent, souvent dépassés par la volubilité de Lidia. Puis elle porte un toast, nous remerciant encore une fois pour cette histoire incroayble et d’être là aussi. “Cette histoire a resoudé la famille, dit-elle, et vous aussi vous en faites un peu partie maintenant”.

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Cette femme est très touchante. Après le dîner, assise sur le canapé à côté de son fils, elle continue à commenter les photos puis c’est au tour de Yakov de raconter son histoire, sa relation avec ces photos qui sont aussi les siennes. “C’est ma dernière pellicule. Mon père m’avait acheté un Elikon car il aurait aimé que je sois photographe mais j’ai préféré devenir un artiste, raconte-t-il, après, je me suis complétement consacré à la peinture. Pour moi, peindre c’est vraiment de l’art. Pas la photographie”. L’Elikon est relégué sur une étagère pendant plus de 25 ans et la pellicule oubliée… jusqu’à ce qu’il retrouve l’appareil et le donne à un ami. “Je lui ai donné pour qu’il s’en serve mais apparemment, il a préféré le vendre sur le marché d’Izmailovo. Depuis, on n’est plus vraiment amis”, conclut Yakov en souriant.

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