Rencontre avec Dmitry – 2

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Après notre journée épuisante au parc de VDNKh – vodka, borsch, patin sur glace et exploration du cosmos, nous avons besoin de nous reposer et d’essayer quelque chose qui nous ferait du bien. Dmitry a l’excellente idée de réserver un Banya, un spa russe traditionnel, “dans une maison en bois dans un parc, un vrai spa chauffé au bois”. L’endroit s’appelle Par – qui signifie vapeur en russe – et est bien caché derrière une grande palissage. On sent que le client est roi…

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Dmitry a réservé toute une maison pour nous sept. A l’intérieur : un sauna, une grande pièce avec des sofas, une vaste table basse, un étage avec un billard, des chambres et dehors, une piscine d’eau froide. Dmitry nous invite à passer au sauna avant l’apéritif, pourtant déjà servi et très alléchant…

Je me sens abattue par la chaleur. Il fait entre 105 et 110º dans le sauna. Dmitry nous prévient : “Il ne faut pas rester plus de 15 minutes dans le sauna et plonger sans réfléchir dans l’eau froide en sortant !” C’est dingue, la différence de température est proche des 100 degrés. Tour à tour, Dmitry nous flagelle avec des branches de vinek, une tradition russe qui a plus de 1000 ans ! L’effet est incroyable. Marion et moi avons la peau toute marbrée, preuve qu’apparemment le traitement fut efficace…

Entre deux tours au sauna et deux plongeons dans la piscine gelée, nous relaxons dans le salon, bière et borsch en prime et rigolades en regardant des vidéos drôles.

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Le temps passe trop vite. Il est déjà minuit et nous venons de passer quatre heures magiques dans cette maison de rêve.

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Il semble que Dmitry et Maria ne souhaitent pas en rester là puisqu’ils nous invitent chez eux dans leur appartement du quartier d’Elektrozadovskaya, dans un immeuble presque neuf. Dmitry commence par montrer sa collection d’avions miniatures à Tristan puis le bureau, où nous nous sommes rencontrés la première fois, via Skype.

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Il nous propose à boire. Les hommes ont droit à de la vodka et nous les femmes à du vin géorgien délicieux. Maria nous montre des albums photos, il y en a une bonne dizaine qui racontent leurs six années de vie ensemble : le mariage, les enfants, les voyages d’affaire, les vacances, la famille…

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Ils aiment les photos . Aux murs, par contre, il n’y a qu’une toile – un champ de cocquelicots avec une maison sur une colline au milieu – peinte par l’oncle Yakov, le photographe qui a pris les photos de Dmitry il y a 27 ans. C’était sa dernière pellicule. Il a décidé ensuite de se consacrer à sa carrière d’artiste peintre.

A table, Maria nous sert une salade typique des fêtes de fin d’année, la salade Olivier – une sorte de macédoine avec des petits morceaux de boeuf -, puis du gâteau. Nous parlons de tout et de rien comme des amis qui se retrouvent pour dîner. Le sauna nous a totalement détendu. Dmitry se met à parler de son enfance, de l’école et du quartier de Golyanovo alors peu fréquentable. “On est seulement deux de ma classe à s’en être sorti. Les autres sont tombés dans la drogue, l’alcoolisme, la prostitution ou sont même carrément morts”, raconte Dmitry avant d’avouer qu’il a fait les pires bêtises dans cette école quand il avait 13-14 ans. “Ma mère m’a sauvé la vie en me sortant de là et en m’envoyant dans une pension en Suisse pour apprendre l’anglais. De toute façon, le directeur de l’école  allait me virer !”, poursuit-il.

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Puis la conversation revient sur la Russie, les anciennes républiques, l’Arménie, “où les gens prennent tellement de temps avant de trinquer et de boire un verre”, rigole Dmitry. Il parle aussi de nouveau d’une ville du nord de la Russie, Novy Urengoy – une ville nouvelle qui vit du gaz -, qui le fascine et il voudrait m’emmener là-bas lors de mon prochain voyage en Russie. Pourquoi pas ? J’ai toujours été fascinée par ce type de villes hors normes…

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Marion est assise en face de moi et semble se réveiller de son expérience au banya. Elle nous a tellement fait rire avec son chapeau – et oui, il fait tellement chaud dans le sauna qu’il faut porter un chapeau pour protoger ses cheveux -. et les bracnhes de vinek qu’elle s’est mise à agiter au-dessus des pintes vides de bière, tel un gourou de sauna. Bref, elle devient tout d’un coup sérieuse et demande à Dmitry ce qu’il a ressenti en voyant les photos ? “Pas grand-chose, répond-il, j’étais en voyage d’affaires à Münich, j’allais prendre l’avion. J’ai d’abord cru que c’était une blague, une sorte de montage. Je me suis demandé qui était cette Elisabeth Blanchet, ce qu’elle voulait. Puis j’ai vu le lien entier avec les 16 images, j’ai vu mon père, ma grand-mère sur les photos. Ce n’était pas une blague. C’était une histoire magique, un conte de Noël !”

Il est déjà 4h du matin, nous n’avons toujours pas vu le temps passer. Avant de rentrer en taxi à l’hôtel, Dmitry propose un toast : “Je pense que notre rencontre est une petite chose qui rend le monde plus heureux. Par exemple, autour de cette table, sept personnes sont plus heureuses mais seulement deux se sont rencontrées”. Tout le monde acquiesce, conscient et ravi de cet effet ricochet…

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